Tout ce que je ressentais, c'était la faim. Une faim terrible, que j'aurais pu appeler manque, besoin, impuissance, frustration, vide, et qui m'obsédait, me rongeait, m'engloutirait bientôt.
Qui gâchait mes journées, qui pourrissait mes nuits, me tenant éveillée de longues heures maudites, de longues heures de tortures ou j'aurais pu trouver un peu de répit, qui décolorait l'aube et le ciel, plombait les musiques les plus gaies, changeait les airs de danse en marche funèbre, les films comiques en tragédies grecques, le nature en désert et mes rêves en poussières. C'était comme une fièvre, une mauvaise défonce, une crise d manque, cette faim impossible à assouvir dont j'étais possédée.
Je détestais ma vie.
"...Le cliquetis de l'argenterie vacillant sur le plateau du petit déjeuner suffirait à m'éveiller. L'éveil serait facile, j'ouvrirais les yeux sans effort, je serais reposée.
J'enfilerais un peignoir et m'assiérais à la table roulante.
Je boirais d'abord mon jus d'orange, puis, je me servirais une tasse de thé? Je m'emparerais d'un croissant avant de signer la note, pendant que le garçon d'étage tirerait les rideaux.
Le soleil envahirait la chambre, et la clameur de Paris. Le garçon s'en irait, je déploierais les journaux, je les parcourrais une peu vite.
Nous serions lundi, et le Elle serait enfoui sous les quotidiens. Sans surprise, je découvrirais mon visage sur la couverture. Et juste en dessous de mon nom de scène, en gros caractères majuscules, on pourrait lire « UNE ETOILE EST NEE ».
J'aurais un sourire, et avant de téléphoner au journaliste pour le remercier, je repousserais le plateau, et prendrais une cigarette. Je l'allumerais et jamais je n'aurai ressenti un plaisir pareil en allumant une clope. "
Maintenant, c'est sur un nouveau nuage.



